samedi 2 novembre 2013

Jeanette Winterson - La passion


Éditeur : Editions de l'Olivier - Date de parution : Septembre 2013 ( date de première parution : 1989) - Traduit de l'anglais par Isabelle Delord-Philippe - 212 pages et un livre hérisson ! 

Henri voue de l’admiration pour Napoléon et s’engage dans son armée. Il est affecté aux cuisines et chargé de préparer le plat préféré de l’empereur. La campagne de Russie met à mal les hommes et leur moral. Déçu par Napoléon, Henri choisit la désertion. Pendant ce temps là à Venise, Villanelle fille d’un batelier née avec les pieds palmés travaille comme croupier dans un casino. Travestie en homme durant son travail, elle s’éprend d’une femme mariée.

Rien que le titre laisse entrevoir la portée et l‘étendue de ce roman. Passion amoureuse et dévorante, culte profond envers Dieu, vénération d’autrui,  frénésie du jeu mais aussi les affres et les revers les plus rudes de ce sentiment. Jeanette Winterson nous fait voyager de France à Venise et en Russie. C’est dans ce pays qu’Henri et Villanelle se rencontrent. Si Henri tombe amoureux éperdument de la jeune femme, le cœur de Villanelle lui a été volée par son amante. Rien ne bat dans sa poitrine. Ils décident d'aller à Venise décrite comme la ville de tous les pêchés pour reprendre son cœur.

Je lis très peu de romans historiques par peur d’ennui ou d’être noyée sous des flots d’informations. Mais ce livre entre le roman et le conte a un juste dosage de faits historiques et des descriptions si justes, si vraies de la passion sous toutes ses coutures sans oublier un humour teinté d'ironie !
Un livre brillant, envoûtant, charmeur qui amène à de nombreuses réflexions et qui est devenu hérisson tant j’y ai inséré de marque-pages!

Les conscrits pleurent quand il arrivent ici et ils pensent à leurs mères et à leurs promises, et ils pensent à s'en retourner chez eux. Ils ne se rappellent que trop ce qui est à la maison fait battre leur cœur; pas de grandes démonstrations de sentiments, mais les visages qu'ils chérissent. La plupart d'entre eux n'ont pas dix-sept ans et on leur demande en quelques semaines ce qui tourmente les meilleurs philosophes leur existence entière : à savoir faire appel à leur passion de la vie et lui donner un sens face à la mort. 

Cœur désemparé qui de nourrit de paradoxe; qui se languit de sa bien-aimée et éprouve un secret soulagement  quand la bien-aimée n'est pas là. Qui égrène les heures la nuit dans l'attente d'un signe et apparaît au petit-déjeuner  avec un maintien si composé. Qui aspire à la sécurité, à la fidélité,à la tendresse et  joue ce qu'il a  de plus précieux à la roulette.
Loin d'être un vice, le jeu est une expression de notre humanité.
Nous jouons tous.Certains le font à la table de jeu, les autres non.
On joue, on gagne.On joue, on perd. On joue.

Un grand merci à Dialogues Croisés !
Lu de cette auteure : Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?





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